Jacob Sumi (Montagnard du Col des Mosses)

  • français
  • 1978-05-05
  • Durée: 00:29:31

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Description

Après un long hiver de solitude, Jacob Sumi regarde avec étonnement ces citadins qui le filment et qui enregistrent ses souvenirs du temps où il gambadait derrière ses chèvres et lutinait les sommelières. Le vieux Jacob, sous son bonnet, c'est toute la malice des Ormonts de l'ancien temps, celui d'avant les téléskis, préférant la compagnie d'une poule et d'un chat à celle de ses contemporains..

00:00:00 – 00:01:56 (Séquence 0) : Générique de début du Plans-Fixes consacré à Jacob Sumi, montagnard, et tourné aux Mosses le 5 mai 1978. L'interlocuteur est Michel Bory. Michel Bory interpelle Jacob devant sa maison. Ce dernier apparaît, dit bonjour et accepte que Bory vienne discuter avec lui. Sur son conseil, il va s'assoir sur la galerie et sort du champ.
00:01:56 – 00:02:39 (Séquence 1) : Générique de début du Plans-Fixes consacré à Jacob Sumi, montagnard, et tourné aux Mosses le 5 mai 1978. L'interlocuteur est Michel Bory. Michel Bory demande à Jacob Sumi comment il va. Jacob répond que son oeil lui fait des misères, même si de manière générale, sa santé va bien. C'est toujours vers midi qu'il se met à avoir des problèmes à son oeil. Il a maintenant besoin de lunettes, mais les met peu car elle ne sont pas assez solides.
00:02:40 – 00:03:39 (Séquence 2) : Jacob Sumi explique que l'hiver a été long, mais qu'il n'a pas eu à chauffer, car il n'a pas fait froid. Il l'a passé seul, comme il a toujours été seul. L'unique exception réside dans les équipes de bûcherons auxquelles il a participé. Jacob revient sur son oeil qui le fait souffrir et l'empêche de faire le bûcheron. L'hiver passé, il n'a pas pu travailler et n'a fait que du bois pour lui.
00:03:40 – 00:05:37 (Séquence 3) : Jacob Sumi explique qu'il a été bûcheron toute sa vie, sauf six ans où il a été vacher. A cette époque, il a rencontré une fille, Marie, qu'il a beaucoup tourmenté, notamment en lui parlant mariage. Même son patron lui a dit de la laisser tranquille et sa patronne le traitait de charogne, même si elle disait bien aimer les Suisses. Jacob faisait tout cela pour rigoler : il ne voulait pas se marier avec cette fille, car elle était catholique et lui protestant. Jacob rit encore au souvenir de Marie s'étonnant qu'il parle bien le français, car elle croyait qu'il parlait le suisse comme une langue étrangère pour elle. Il conclut en disant qu'il était ignorant, mais que par rapport à ces Français, il était en décalage.
00:05:39 – 00:06:30 (Séquence 4) : Jacob Sumi raconte ses deux ans à la fabrique de canons du Creusot, où il était vacher, pour les milliers d'ouvriers venus du reste de la France, de Belgique ou d'Allemagne. Il n'y avait que quatre vachers suisses, chargés de fournir le lait aux ouvriers. C'est là qu'il a failli se marier avec Marie.
00:06:33 – 00:09:20 (Séquence 5) : Jacob Sumi dit ne s'être jamais marié et en avoir été dissuadé par sa mère, méchante et jalouse. Il parle ensuite de son frère, disparu et pendu pendant deux ans avant que les gendarmes ne le retrouvent, du côté de Saint-Gingolph. Jacob blâme sa mère pour ce drame, qui l'a notamment poussé à partir en France, sans prévenir sa mère, même si elle a également cru qu'il s'était détruit. Il n'a pas donné de nouvelles pendant deux ans. Si sa mère était méchante, son père était cependant un bon type, qui a vu du pays. Jacob était du second lit, soit 18 enfants et il y en avait déjà sept du premier lit. Il a toujours aimé son père qui lui a appris tout ce qu'il savait et notamment la charpenterie et la menuiserie. Il l'a également emmené dans le canton de Berne à pied, quand il avait 14 ans : un voyage de 4 heures du matin à 21 heures.
00:09:23 – 00:09:50 (Séquence 6) : Jacob Sumi relève son bonnet pour qu'on le voie mieux et se plaint de son oeil qui le fait souffrir. Il aimerait qu'on le lui crève avec un couteau.
00:09:54 – 00:11:01 (Séquence 7) : Jacob Sumi raconte son enfance, dans une chèvrerie, jusqu'à son école de recrue. Il était donc chevrier et aimait ça : il faisait passer une centaine de chèvres depuis le village jusqu'au Chamossaire. Il s'amusait à mettre son paletot et son chapeau à une chèvre pour qu'elle effraye les autres. Il en rit encore.
00:11:05 – 00:11:50 (Séquence 8) : Jacob Sumi raconte les six ou sept ans qu'il a passés comme chevrier. Quelques chèvres étaient même à lui. On le payait deux francs par chèvre pour quatre mois, ce qui lui faisait dans les 200 francs. Il passait quelques jours à chaque fois chez ses clients, suivant le nombre de chèvres qu'il leur prenait.
00:11:55 – 00:12:41 (Séquence 9) : Jacob Sumi explique que quand il était chevrier, c'étaient ses clients les plus riches qui le traitaient le plus mal, notamment par rapport à la nourriture. Mais pour Jacob, ces années-là furent les plus belles, car il n'avait pas beaucoup à faire avec les chèvres et pouvait jouer aux quilles. Il gagnait 200 francs pour quatre mois.
00:12:46 – 00:15:35 (Séquence 10) : Jacob Sumi raconte la période de sa vie où il a été "chasseur". Au Chamossaire, il avait un fusil rouillé qui avait beaucoup de recul. Il a voulu tirer un renard en septembre, mais n'a jamais osé presser la gâchette par peur du recul. Il en rit encore. Il a donc crié pour que le renard s'enfuie. Par la suite, Jacob a prêté son fusil à quelqu'un des Diablerets, qui ne le lui a jamais rendu. Il n'a ainsi jamais tué une bête de sa vie : quand il veut tuer un lapin ou une poule, il le fait faire par un autre. L'interlocuteur, Michel Bory, lui fait quand même remarquer qu'il s'est néanmoins fait attraper : quand il avait 16 ou 17 ans, Jacob voulait faire le clown avec tous les chamois, marmottes et lièvres qu'il voyait.
00:15:40 – 00:18:12 (Séquence 11) : Jacob Sumi raconte qu'il s'est fait attraper avec son fusil à l'épaule par les gendarmes, au Chamossaire, quand il avait 15 ou 16 ans. Ils l'avaient vu depuis Leysin et sont venus le chercher par un temps épouvantable. Du fait de l'amende, il ne lui restait plus que 120 francs sur son salaire, pour quatre mois. Et pourtant, il n'a jamais tiré avec ce fusil, ni tué de bête de sa vie, alors qu'il avait les cartouches et tout ce qu'il fallait. Un des gendarmes - le gros - s'appelait [Becle].
00:18:18 – 00:19:59 (Séquence 12) : Jacob Sumi explique comment il vit tout seul dans son chalet. Il passe beaucoup de temps à faire ses repas. Il vient de passer quelque temps au lit, comme toujours en hiver, puisqu'il n'y a rien à faire. Il est d'abord venu ici comme bûcheron puis est resté dans le chalet, qui est en fait à la commune. Il n'est jamais reparti, car il se plaît et ses voisins de la colonie lui sont agréables, par exemple en lui faisant ses commissions. Il aurait néanmoins aimé avoir une femme mais ne pense pas qu'elle se serait plu.
00:20:06 – 00:21:26 (Séquence 13) : Jacob Sumi raconte un épisode de son enfance où ses frères et soeurs et lui ont demandé à leur mère s'ils pouvaient jouer dans la chambre du dessus. Mais elle les a rabroués très sèchement et tous les petit Sumi se sont tenus cois. Maintenant qu'il vit seul, Jacob repense à son enfance et à son école de recrue. Il réalise d'ailleurs que s'il se souvient de tout cela, sa mémoire immédiate ne fonctionne plus vraiment. Il en conclut que la mort serait préférable.
00:21:33 – 00:22:14 (Séquence 14) : Jacob Sumi affirme qu'il écoute la radio, qu'il aime bien allumer vers sept heure le matin. Mais cela ne lui donne pas pour autant l'envie d'aller découvrir le monde, contrairement à sa soeur qui est très curieuse. Par exemple, cela fait une année qu'il n'est pas retourné aux Mosses. Il a assez de ses chats, de ses lapins et de son chenit.
00:22:22 – 00:22:35 (Séquence 15) : Jacob Sumi explique qu'il a pour compagnie des chats voleurs, une poule et un lapin.
00:22:43 – 00:22:48 (Séquence 16) : Jacob Sumi dit que sa santé est bonne, mais que son oeil lui fait des misères.
00:22:57 – 00:24:47 (Séquence 17) : Jacob Sumi explique que l'hiver prochain il sera soit dans son chalet soit au cimetière des Mosses. Des dames sont déjà venues lui proposer d'aller dans une maison pour vieillards, mais il a refusé car il sait que deux d'entre eux se sont pendus. Jacob en conclut que ces dames feraient mieux de s'occuper de ces deux vieillards et de se marier. Il préférerait aller en prison que là-bas, où il y aurait des horaires, des femmes et du chenit. Seuls les gendarmes pourraient le forcer à y a aller mais il faudrait qu'ils l'attrapent. Il refuse de partir car il ne se sent pas seul et n'est ennuyé que par les visites des autres.
00:24:57 – 00:26:16 (Séquence 18) : Jacob Sumi accueille une visite, la voisine, et plaisante avec elle. Ils se connaissent depuis longtemps : elle était sommelière et le grondait car il buvait des verres. Il couchait dehors devant le bistrot quand il avait trop bu pour rentrer et elle devait le ramener chez lui avec une lampe de poche, dans la neige.
00:26:26 – 00:26:36 (Séquence 19) : Jacob Sumi confirme à sa voisine qu'il venait au bistrot à sept heures le matin dans le temps, et y restait jusqu'à la fermeture.
00:26:47 – 00:28:17 (Séquence 20) : Jacob Sumi discute avec sa voisine, qui vient régulièrement lui rendre visite, et la taquine. Cet hiver, elle n'a pas pu monter à cause de la neige mais maintenant, c'est le mois de mai, elle lui rend donc visite. A son tour de le taquiner, la voisine explique que Jacob n'ayant pas été sage, la neige s'est attardée jusqu'en mai. Il se réjouit de l'été approchant, car il estime que les vieillards ont besoin de chaleur. Jacob parle ensuite en patois.
00:28:29 – 00:29:14 (Séquence 21) : Michel Bory annonce à Jacob Sumi que l'équipe de Plans-Fixes s'en va. Jacon demande à ce que les mauvaises prises du film soient brûlées et ne se montre pas très intéressé à les voir. Il dit au revoir et souhaite bon voyage à l'équipe. S'ensuit le premier carton du générique de fin.
00:29:26 – 00:29:18 (Séquence 22) : Générique de fin du Plans-Fixes consacré à Jacob Sumi et tourné aux Mosses le 5 mai 1978.
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