Georges-André Chevallaz (De l'historien à l'homme politique)

  • français
  • 1990-12-15
  • Durata: 00:54:53

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Descrizione

D'abord passionné d'histoire, il ne s'engage en politique qu'à trente ans. Il entre au parti radical, est élu syndic de Lausanne. Il est l'une des figures marquantes de l'Exposition nationale de 1964, car toute la politique communale se groupe autour de cet événement: domaine routier, épuration des eaux, aménagement des rives du lac. Puis Georges-–André Chevallaz est élu au Conseil fédéral. L'Europe? La Suisse y a un rôle à jouer, qui pourrait être celui de la résistance à une centralisation technocratique et bureaucratique. Elle ne doit pas perdre son autonomie et ses structures décentralisées qui sont fondamentales.

00:00:00 – 00:00:10 (Séquence 0) : Générique de début du Plans-Fixes consacré à Georges-André Chevallaz et tourné à Epalinges le 15 décembre 1989. L'interlocuteur est Bertil Galland.
00:00:10 – 00:01:35 (Séquence 1) : Georges-André Chevallaz est lausannois, il a été pendant 16 ans syndic de Lausanne. Il garde un attachement pour le Pays d'Enhaut où il a passé une grande partie de ses vacances d'enfance. Il a été à l'école primaire à Château-d'Œx. Il est attaché à cette région aussi par un lien familial : ses grands-parents étaient de petits paysans de montagne qui travaillaient dur pour gagner leur vie.
00:01:35 – 00:03:01 (Séquence 2) : Georges-André Chevallaz juge avoir des traits de caractère de sa famille montagnarde et des Damounais. Il luttait cependant contre la tendance négative de la famille. Sa mère cultivait l'inquiétude et était défaitiste. Son père était lausannois et adhérait à la théorie pédagogique de l'éducation des enfants. Il semblait cependant jouer un rôle second dans l'éducation.
00:03:02 – 00:03:54 (Séquence 3) : Georges-André Chevallaz reconnaît aimer la tradition, qui serait due à son attachement au Pays-d'Enhaut. Il se décrit comme un non conformiste et conservateur pour certains points fondamentaux. Il est attaché à ses convictions.
00:03:55 – 00:04:35 (Séquence 4) : Georges-André Chevallaz est interrogé sur son plaisir du commandement. Il raconte ses jeux d'enfants, dont celui de la bande de commandos regroupant sept ou huit enfants de tous les âges. Il précise avoir gardé davantage de souvenirs de ses amis de Château-d'Œx que ceux de Lausanne. A cause de son goût d'indépendance, il aimait être le chef de ce petit groupe d'amis.
00:04:37 – 00:06:09 (Séquence 5) : Dès le collège, Georges-André Chevallaz s'est passionné pour l'histoire et pour les institutions politiques des Grecs et des Latins. Il se rappelle avoir écrit à 10 ans un début de constitution d'une province de la lune.
00:06:11 – 00:07:21 (Séquence 6) : Georges-André Chevallaz a suivi des études de latin et de grec au collège à Lausanne. Il souligne qu'il a eu des mauvais, mais aussi de très bons professeurs d'histoire, comme le chimiste Claude Secrétan. Il a suivi les cours d'histoire du professeur Charles Gilliard au gymnase puis à l'université.
00:07:24 – 00:08:34 (Séquence 7) : Georges-André Chevallaz est convié à parler de Charles Gilliard. Il précise qu'il était surnommé "le sec", car il avait une sécheresse d'expression : il refusait tout lyrisme dans son enseignement et cherchait à se tenir au fait. Avant les thèses de Braudel, il a créé une école sur l'histoire quotidienne. Georges-André Chevallaz a été convié par ce professeur à s'intéresser à l'histoire du blé dans le pays de Vaud, ce qui a été son sujet de thèse. George-André Chevallaz précise qu'il était indépendant et n'a pas cherché à être sous la protection de Charles Gilliard.
00:08:37 – 00:09:33 (Séquence 8) : L'interlocuteur souligne que Georges-André Chevallaz n'aime pas aller vers les puissants tant financièrement que politiquement ou socialement. Georges-André Chevallaz précise qu'il ne veut pas se sentir prisonnier. Il souhaite rester indépendant par fierté mais aussi par timidité due à son côté montagnard.
00:09:37 – 00:11:49 (Séquence 9) : Au Gymnase, Georges-André Chevallaz a eu comme professeur de français Edmond Gilliard. Il pense avoir beaucoup appris de cet homme, mais il le trouvait aussi parfois ennuyeux. Il décrit Edmond Gilliard comme une personnalité en marge de la société, en révolte contre tout ce qui était établi. Georges-André Chevallaz et d'autres étudiants n'aimaient pas les idées politiques d'Edmond Gilliard, mais ils appréciaient le professeur, le personnage. Il invitait chaque étudiant chez lui pour discuter des dissertations qu'il accompagnait d'une étude graphologique. Il avait dit à Georges-André Chevallaz qu'il serait un président dans l'action politique.
00:11:53 – 00:13:04 (Séquence 10) : Georges-André Chevallaz a eu comme professeur de grec André Bonnard qu'il a apprécié. Il accueillait aussi les étudiants chez lui pour disserter. Dans son enseignement, l'aspect politique n'apparaissait pas. Il a suscité l'intérêt de Georges-André Chevallaz pour la Grèce antique. Pour lui, du point de vue de la pensée, de la dramatique, tout est dit dans les tragédies d'Eschyle, Sophocle et Euripide.
00:13:08 – 00:14:33 (Séquence 11) : On demande à Georges-André Chevallaz quelles ont été ses réactions lorsqu'André Bonnard a pris une position politique en soutenant l'Union soviétique. Il a pensé que c'était un égarement de poète comme Gide l'avait eu. Il pense que chez ceux qui avaient pris position, il y avait une certaine fierté à ne pas lâcher ce qu'on avait défendu. Lorsqu’André Bonnard a eu un procès, Georges-André Chevallaz lui a écrit pour l'encourager. Cette lettre est parue dans "Voix ouvrière".
00:14:38 – 00:14:52 (Séquence 12) : A la fin de ses études, Georges-André Chevallaz a commencé à effectuer des remplacements au Collège classique, à Château-d'Oex et à l'Ecole de commerce où il a été nommé en 1942.
00:14:57 – 00:17:36 (Séquence 13) : Georges-André Chevallaz a été bellettrien. Il n'avait pas d'opinion politique. Il est devenu radical à l'âge de trente ans. En entrant à Belles-Lettres, il a suivi ses camarades de classe et son voisin. Il a côtoyé celui qui allait devenir plus tard le préfet Bolens, qui était issu d'une famille à tradition politique et cousin de Gabriel Despland. A Belles-Lettres, les membres s'intéressaient à toute l'activité politique dans le pays et en France. Ils n'avaient aucun engagement politique. Ils sont allés en France au moment de l'élection du Front populaire et ont suivi les assemblées, divers offices et une conférence électorale de Virgile Barel.
00:17:42 – 00:19:23 (Séquence 14) : Georges-André Chevallaz a abordé la politique d'abord comme un observateur. Il se souvient que lorsqu'il était président de Belles-Lettres, il a reçu Elsa Triolet et Aragon qui a lu des poèmes. Ce dernier n’a pas été bien accueilli. Il souligne que les membres de Belles-Lettres avaient des points de vue politiques divers : en passant d'André Muret à Monfrini.
00:19:29 – 00:20:32 (Séquence 15) : Avant la guerre, Georges-André Chevallaz avait effectué son service d'avancement jusqu'au grade de lieutenant. Au début de la guerre, il a été mobilisé comme chef d'une section de canon d'infanterie liée au bataillon de carabinier. Il est allé jusqu'au grade de major. Il a fait plus de 1000 jours de service actif. Cette période représente une rupture dans sa vie.
00:20:39 – 00:21:39 (Séquence 16) : Georges-André Chevallaz n'a pas atteint le grade de colonel. Il éprouvait une certaine lassitude. Il évoque un incident avec le commandant de la première infanterie envers lequel il a montré une certaine impertinence. En 1957, l’engagement politique a pris plus de place dans sa vie : il devait entrer dans la municipalité. Il ne souhaitait pas assumer le commandement d'un bataillon en même temps que le mandat de syndic de Lausanne. Il a choisi de quitter son poste de commandement.
00:21:46 – 00:23:48 (Séquence 17) : Dans sa vie professionnelle, Georges-André Chevallaz a enseigné plusieurs années à l'Ecole de commerce. Il précise y avoir enseigné avec plaisir, car tant les jeunes étudiants que le corps professoral étaient ouverts. Dans le cadre de son enseignement, il a été amené à rédiger un manuel d'histoire. Le contenu du livre était ce qu'il enseignait à ses classes. Le canton de Genève a souhaité avoir la série de manuels d'histoire. Georges-André Chevallaz précise devoir reconstituer une partie de son livre à la lumière des événements qui se sont déroulés jusqu'en 1989.
00:23:56 – 00:24:30 (Séquence 18) : On demande à Georges-André Chevallaz comment il a réagi suite aux événements de 1989. Il pense que c'est une période aussi importante que les césures des révolutions de 1789 ou 1848. Il cite des paroles de Valéry : "l'ordre pèse toujours l'individu, le désordre lui fait toujours apprécier la police ou la mort".
00:24:38 – 00:27:19 (Séquence 19) : Georges-André Chevallaz est interrogé sur les raisons pour lesquelles il est entré au parti radical. Il vient d'une famille aux couleurs politiques variées. Il cite les diverses appartenances des membres de sa famille. Il est entré chez les radicaux, à la suite de son service militaire, car il estimait que c’était le parti le plus équilibré. Il raconte qu'à son entrée au parti dans les années 1940, il se sentait gêné, mais il a ensuite trouvé sa place.
00:27:28 – 00:28:22 (Séquence 20) : Quand Georges-André Chevallaz est entré au parti politique, il se sentait proche des dirigeants radicaux vaudois tels que Pierre Oguey, devenu par la suite conseiller d'Etat. Il y avait un climat familial. Il avait moins d'affinités avec les personnes de l'entourage de Peitrequin, mais il estimait cependant beaucoup ce dernier. Il ignore à quel moment Bolens est entré au parti radical.
00:28:31 – 00:31:47 (Séquence 21) : Georges-André Chevallaz parle de la formation au conseil communal d'un petit groupe de conseillers qui avait une certaine influence et qui était considéré comme l'éminence grise. En 1957, ce groupe, dont Roger Givel et [Wurlod] faisaient partie, souhaitait changer la composition de la municipalité de Lausanne en vue de la préparation de l'Exposition nationale. Il expose les ententes qui ont été négociées entre les partis radicaux, socialistes et libéraux en vue de cet événement.
00:31:57 – 00:33:34 (Séquence 22) : Georges-André Chevallaz explique les raisons de l'accord passé avec les socialistes. Il y avait déjà eu une collaboration entre le socialiste Graber et le radical Peitrequin. Les deux fortes personnalités de la nouvelle municipalité étaient Graber et Georges-André Chevallaz. Il raconte comment chacun a travaillé dans son propre parti et maintenu une certaine cohésion.
00:33:45 – 00:35:00 (Séquence 23) : Pendant le mandat de syndic de Georges-André Chevallaz, la préparation pour l'Exposition nationale a donné de l'élan à la politique communale. Elle a favorisé par exemple les domaines routiers et de la circulation, de l'épuration des eaux, de l'aménagement des rives du lac. L'équipe municipale en place ne souffrait d'aucun tiraillement interne. Le comité de l'Exposition avait choisi l'architecte Camenzind.
00:35:11 – 00:36:28 (Séquence 24) : Georges-André Chevallaz raconte comment Jean-Pascal Delamuraz est entré en politique et pourquoi il l'a proposé pour le comité de l'Exposition nationale comme représentant des jeunes. Jean-Pascal Delamuraz a acquis de l'expérience dans la direction d'affaires au côté notamment d’Edmond Henry qui l'avait pris dans l'équipe administrative de l'Exposition nationale. Delamuraz a été nommé par la suite au le poste de secrétaire permanent du parti radical, poste créé sur l'initiative d'Alfred Oulevay. Lorsque Georges-André Chevallaz a accédé à la présidence du parti radical vaudois, il a beaucoup collaboré avec Delamuraz.
00:36:39 – 00:37:45 (Séquence 25) : Georges-André Chevallaz explique son sentiment de patriotisme vaudois. Il raconte comment il s'est progressivement fait connaître en politique avant d'être président du parti radical vaudois en rédigeant des tracts de propagande et en accompagnant les conseillers nationaux dans les campagnes de candidature.
00:37:57 – 00:38:45 (Séquence 26) : Georges-André Chevallaz a été nommé en 1959 à Berne comme conseiller national peu après ses débuts de syndic de Lausanne. Il évoque une séance qui s'est déroulée à la Vallée de Joux et une anecdote sur son exposé sur le marxisme.
00:38:58 – 00:39:40 (Séquence 27) : Georges-André Chevallaz pense que les différentes visites qu'il a effectuées dans le canton de Vaud ont favorisé une certaine cohésion entre lui et le peuple vaudois. Il aime se rendre dans les petites localités où la vitalité est plus grande que dans les villes.
00:39:53 – 00:41:35 (Séquence 28) : Georges-André Chevallaz est interrogé sur sa position dans le canton de Vaud. Il pense que les syndics des grandes villes sont généralement plus connus que les conseillers d'Etat, car ils personnifient la ville. Il est interrogé sur le fonctionnement du système politique municipal, cantonal et fédéral. Il est favorable à une forte fonction de syndic pour les villes.
00:41:49 – 00:42:19 (Séquence 29) : Georges-André Chevallaz explique comment dans son enfance il jouait à recréer, avec des pions et des dés, des situations politiques et des élections. Il admet qu'il y a une part de chance et de hasard dans les carrières politiques. Il donne l'exemple de sa vie politique : il pense n'avoir eu qu'un seul échec, celui de n'avoir pas été élu du premier coup au Conseil fédéral, c’est son ami Celio qui avait été choisi.
00:42:34 – 00:43:27 (Séquence 30) : Georges-André Chevallaz rappelle les circonstances de son élection au Conseil fédéral. Le parti radical avait choisi d'écarter une double candidature et de présenter soit Henri Schmitt, président du parti, soit Georges-André Chevallaz président du groupe radical.
00:43:42 – 00:45:55 (Séquence 31) : Georges-André Chevallaz n'a pas ressenti de sentiment d'isolement, lorsqu'il était conseiller fédéral, même s'il restait fréquemment à Berne les fins de semaine. Il a gardé constamment le contact avec le canton et a bénéficié de la confiance des radicaux vaudois. Il a eu d'assez bons rapports avec la Suisse allemande et a été bien reçu dans les petites localités, même s'il existait certains préjugés sur les romands. Il en donne l'exemple en citant une des phrases d'un de ses collaborateurs au département des finances qui a dit : "Et maintenant Monsieur le conseiller fédéral, il s'agit de choses sérieuses, vous me permettrez de parler allemand".
00:46:10 – 00:47:52 (Séquence 32) : On demande à Georges-André Chevallaz si dans sa position de conseiller fédéral, il a constaté la place centrale de Zurich dans les affaires suisses. Il donne son impression sur la ville de Zurich : une ville froide conduite par le souci des affaires. Il évoque aussi sa relation avec la société des officiers de Winterthour qui avait une mauvaise opinion sur ses prétentions et ses actions.
00:48:08 – 00:52:03 (Séquence 33) : On demande l'opinion de Georges-André Chevallaz sur la position de la Suisse dans l'Europe. Il n'approuve pas l'idée d'une Union européenne sous la forme d'une centralisation technocratique et bureaucratique comme le pensent les opinions françaises, allemandes, ou luxembourgeoises. Il souhaitait voir la Suisse entrer à l'ONU afin d'y affirmer sa position et sa neutralité. Il pense que tant que la Suisse a un rôle international à jouer, elle doit garder son indépendance qui est assurée par sa neutralité. Georges-André Chevallaz parle de sa conception de la société future et de ses valeurs. Il pense qu'on doit garder un maximum d'autonomie tant au niveau des individus qu'au niveau des communautés. Pour Georges-André Chevalley, la Suisse doit être l'exemple de résistance, tout en continuant à collaborer: "un esprit de liberté dans une Europe qui est en train de s'engluer dans une unité administrative ".
00:52:19 – 00:54:01 (Séquence 34) : Georges-André Chevallaz donne son opinion sur l'entrée de la Suisse dans l'Europe. Il ne conteste pas la nécessité de la communauté par rapport aux grandes puissances, les Etats-Unis et l'URSS. Il pense que le renforcement de l'Europe n'oblige pas la Suisse à s'y intégrer et que le pays est plus utile à la communauté en restant dehors. Il est invité à donner son opinion sur la résistance de Thatcher aux actions de Delors. Il pense qu'il est nécessaire de confronter le traité de Rome et l'acte unique aux réalités d'application. Il rappelle que sous Hitler, la Suisse a vécu libre et indépendante dans une période où elle aurait pu se voir imposer un ordre unique. Il pense que la position de la Suisse n'est pas acceptée par ses pays limitrophes.
00:54:18 – 00:54:36 (Séquence 35) : Générique de fin du film Plans-Fixes consacré à Georges-André Chevallaz et tourné à Epalinges le 15 décembre 1989.
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